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Fanzines japonais: Plus de copyright = moins de liberté ?

Un magasin de la chaîne K-Book où l'on trouve des dôjinshi (Otome road)

Le créateur du site J-Comi et dessinateur Ken Akamatsu (Love Hina, Negima...) s'élève contre une loi japonaise de renforcement du copyright. Ce nouveau dispositif légal sonnerait la fin de certains dôjinshi, ces publications amateures ou semi-professionnelles qui pastichent des œuvres en vente sur le marché et protégées contre la copie et le plagiat. Cette nouvelle attaque contre les dôjinshi révèle à nouveau leur caractère litigieux.

 

S'ils sont tolérés par les éditeurs et les mangakas qui s'amusent parfois de voir leurs œuvres modifiées et ré-interprétées, certains ont du mal à accepter de voir leurs personnages redessinés en version hentai ou yaoi. Si toutes ces publications amateures ne sont pas toutes pornographiques, la majorité l'est et se vend comme des petits pains sur les sites d'enchères et dans les conventions. Justement qu'en sera-t-il de la plus célèbre d'entre elle, le Comiket grande messe des dôjinshikas avec ses centaines de stands ?

Un magasin de la chaîne K-Book où l'on trouve des dôjinshi (Otome road)

D'où vient cette proposition de durcissement de la loi de protection des auteurs ?

Il s'agit en fait d'une volonté des pays membres du Trans-Pacific Partnership Agreement (TPP) d'uniformiser les lois sur le copyright afin que cette zone économique d'échange puisse avoir le même arsenal de lois, dans le but d'attaquer de concert toute atteinte au droit d'auteur (Copie, Plagiat, Diffusion et Distribution illégale...). Si l'initiative est louable, Ken Akamatsu pense qu'elle va trop loin et que la parodie et le pastiche d'oeuvres connus comme One Piece, Fairy Tales, Black Butler, etc... est un droit. Dans le milieu des mangakas, beaucoup ont effet commencé leurs carrières et ont appris le métier en détournant des mangas qui avaient du succès auprès du grand public. On se souvient de CLAMP et ses dôjinshi de Saint Seiya, Ayano Yamane est sa version Boy's Love de Slam Dunk et les exemples sont nombreux. Les fans adorent et les mangakas montrent ainsi qu'ils sont les premiers fans des œuvres de leurs collègues.

De plus, beaucoup de facteurs démontrent que les dôjinshi participent au succès des séries utilisées. Loin de faire perdre de l'argent aux mangakas, les publications amateures qui utilisent des personnages protégés par le copyright, leurs en feraient gagner. Plus elles sont nombreuses sur une même série, plus cette série gagne des fans, de nouveaux lecteurs qui veulent aller voir et acheter l'oeuvre originale dont le dôjinshi qu'ils ont aimé est tiré. Ainsi, on peut analyser la ringardisation progressive d'une série par le nombre décroissant de dôjin qui la pastichent.

comiket fanzine event

Le Comiket : ses stands, ses dôjinshis, sa foule…

Simplifier la protection, systématiser les attaques...

Mais apparemment cette tolérance et cette bonne entente des pros et des amateurs ne plaît pas à tout le monde. Selon Ken Akamatsu, si la loi passe, ce sont tous les dôjinshi dérivés de manga connus qui pourraient ne plus exister, et ce qui conduirait selon lui à un affaiblissement de l'industrie du manga tout entier (et par ricochet à celui de l'animation). Certains sont décidés à simplifier les procédures juridiques de protection des auteurs reconnus, quitte à sacrifier une partie vitale de la culture populaire japonaise. Le premier ministre Yoshihiko Noda, sous la pression des États Unis, devra décider si le Japon rentre dans le cercle des pays asiatique du TPP qui comprend déjà l'Australie, Brunei, le Chili, la Malaisie, la Nouvelle Zélande, le Pérou, Singapour, et le Vietnam. Si auparavant il fallait attendre que l'auteur d'une œuvre copiée, plagiée, diffusée sans son accord porte plainte pour qu'il y ait procès, avec cette loi, les éditeurs et autres personnes qui possèdent une licence sur œuvre devraient pouvoir faire valoir leurs droits. Dans ce contexte, on ignore ce qui arriverait en cas de désaccord des partenaires (accord explicite de l'auteur, et désaccord de l'éditeur, par exemple).

L'avenir ?

Un autre volet de cette proposition de loi concernerait l'interdiction des importations de produits dérivés, de DVD/Blu-ray, CD, exploitant une licence sans l'accord des ayants-droits (Auteurs, Éditeurs, Licenceurs, etc.). Par exemple, les États Unis ne veulent plus que les magasins japonais importent des DVD ou des jouets utilisant des licences Disney, et faisant concurrence directe aux produits Disney légalement disponibles en japonais pour le Japon. De même, les japonais ne veulent plus que les magasins américains et du TPPA importent des goodies, des DVD/Blu-ray issus de manga ou d'animé sans un accord de distribution contractuelle avec un poids lourd local. Si tout ceci a pour but de protéger les auteurs et les ayants-droits, et faciliter les démarches pour traquer les contrefaçons (disponibles jusqu'en Europe, en boutique ou à la Japan Expo), on peut s'attendre à une petite révolution dans les échanges commerciaux des produits générés par la pop-culture japonaise... Pour le moment l'Union Européenne n'est pas membre du TPPA.

Source : Anime News Network

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